22/01/2009

GENERATION ZAPPING

 

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C’est un fait indéniable : nous sommes dans une génération zapping !

 

Lorsque j’étais une jeune ado, il n’y avait pas internet, de playstation, facebook, MSN, le bouquet à la TV avec l’incontournable zappette « parce que ce programme est trop nul », le gsm et autres avancées technologiques permettant de s’ouvrir 24h/24 au monde.

 

Petite fille, j’avais ma Barbie, les gamin(e)s du village pour jouer.

Les posters de Cloclo sortis tout droit de « Podium » plus tard ainsi que, ô bonheur, un petit enregistreur avec touches play – record – forward – reward  pour enregistrer l’Eurovision ou Chansons à la carte.

 

Aujourd’hui, les petits enfants commencent très tôt à tapoter sur le clavier d’un ordi, ont comme jouet de faux GSM, connaissent par cœur les programmes leur étant destinés et ne savent plus que choisir entre toutes les chaînes qui leur sont consacrées (17 rien que pour le bouquet classique de Belgacom TV) … ils apprennent aussi très vite à zapper dans tous les actes de leur vie.

C’est tellement plus facile de zapper pour ne pas s’emmerder !

 

Moi aussi j’aimerais pouvoir zapper, ce serait vraiment cool !

 

Quoi ?

 

La facture d’Electrabel !

Je la trouve à nouveau dans ma boîte aux lettres mais cette fois, je zappe.

Juste qu’à court terme, je vais devoir très vite investir dans quelques paquets de 100 bougies chauffe-plats à 1,50€.

Cela fera une super ambiance feutrée baba-cool à la maison mais je doute aussi que, même si j’en fais flotter 150 allumées dans l’eau de la baignoire, celle-ci ne se réchauffera.

Ce n’est donc pas gagné et les ados vont à coup sûr râler !

 

Se lever le matin, conduire le plus jeune à l’école en passant comme je peux à travers les embouteillages, une journée de stress qui s’annonce au boulot ?

Je zappe et je reste au lit. Démerdez-vous sans moi !

Pas certaine que ce soit une bonne idée ni une marque de respect pour les autres.

 

Et l’on en vient donc au simple concept de la responsabilisation.

 

Les jeunes d’aujourd’hui, ou du moins certains d’entre eux, fuient les responsabilités.

Ils veulent tous les avantages de la majorité mais surtout pas les inconvénients …

-          « je devrai bien assez vite devoir me comporter en adulte, laisse moi encore dans l’insouciance pour l’instant »

-          « quand je vois le monde dans lequel je vais devoir vivre et me battre, le monde que vous les adultes m’avez préparé, je n’ai pas envie pour l’instant de m’investir »

 

Et donc certains – beaucoup même – se tournent vers le confort « méga-cool / hors du temps / je me sens si bien » de St Cannabis.

J’ai des contraintes, le prof de maths est un crétin, ma mère me pompe l’air ?

Hop, un p’tit pétard.

 

Et nous, parents, ne savons pas comment réagir, faire face.

Parce que le cannabis entre dans leur vie sans nous envoyer de courrier officiel.

 

J’ai assisté hier soir à une conférence intitulée : « Quand le cannabis s’invite dans la vie d’un ado ».

Le conférencier, psychologue, psychanalyste et président de l’association Françoise Dolto est tout d’abord revenu sur le besoin fondamental de garder une hiérarchie dans la famille : le parent a son rôle de parent et l’enfant a sa place d’enfant. On ne peut pas mélanger !

Le rôle d’un parent n’est pas de satisfaire immédiatement les désirs de son enfant mais plutôt et aussi de lui apprendre la frustration pour l’aider à grandir.

La vie n’est pas une succession de bonheurs, d’acquis immédiats « parce que je le veux là, maintenant, tout de suite ».

La vie, ce n’est pas zapper devant la difficulté.

La vie, c’est affronter, c’est être responsable.

 

Il enchaîne sur le cannabis en expliquant aux ados présents dans la salle qu’ils y goûteront de toute façon un jour ou l’autre mais qu’il vaut mieux se limiter à un joint le samedi soir, pour pouvoir dormir plus tard le dimanche.

Que le cannabis n’est pas dangereux, pas plus qu’une cigarette ou un verre d’alcool

 

… consternation de tous les parents présents qui attendaient plutôt une diabolisation et satisfaction des jeunes qui trouvent ce mec vraiment hypra cool.

 

Maintenant, ce qu’il leur demande également, c’est d’être prudents, de veiller à savoir s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard, de gérer.

Il leur demande d’être responsables.

Merci, ça, je pouvais le faire aussi.

 

Et il ne propose aucune solution mais… il y en a-t-il ne fût-ce qu’une ?

 

Ce que j’en retiens dans le fond ?

-          Je ne peux empêcher mon enfant de consommer du cannabis – je le savais !

-          Je dois espérer qu’il pourra lui-même gérer sa consommation – je l’espère !

-          Ceci fait partie du processus de responsabilisation – exact mais pas si simple !

 

Je n’ai rien appris et je suis confortée dans mes positions.

Je conserve les interdits fixés au domicile familial, je me dois de faire confiance et je préviens aussi que si je constate que cela commence vraiment à partir en vrille … et bien, je serai solidement dans la m....

 

Mais, et c’est là à mon sens le plus important, mon fils a accepté de venir à cette conférence avec moi et, quel qu’en soit la teneur, cela nous permet à tous les deux de pousser la porte du dialogue.

 

 

14:34 Écrit par Marivic dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Ben oui Le dialogue, c'est déjà pas mal, ça ouvre toutes les autres portes !
Garde le contrôle de la parole !
Bonne journée

Écrit par : Marirose | 23/02/2009

Les commentaires sont fermés.